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  • Édith Lacroix

Bonne rentrée, comme on dit!

J’ai toujours aimé l’école. Surtout la frénésie de la rentrée scolaire. J’aimais feuilleter les circulaires, débusquer les aubaines. Tu te rappelles, maman? J'aimais magasiner mes effets, les identifier, les toucher. Magasiner de nouveaux souliers, du nouveau linge. Me préparer. Anticiper. Et quand je recevais ma carte d’autobus, là, oh là… c’était le comble! Tout devenait officiel. Tout se plaçait. La rentrée était source d’excitation, de motivation, d’anticipation. L’anticipation d’un cycle qui tourne, qui nous rassure dans sa constante révolution.


Maintenant que je suis maman, la rentrée est encore une source d’excitation. J’aime cette période de renouveau, de régénération de possibles. Je magasine les effets de mon fils Félix-Antoine, lui achète de nouveaux souliers, prévois de nouveaux vêtements. Et je souris car au fond de moi, je sais cette période enivrante. Mais lui, le sait-il?


Je me vois là en train d’identifier les effets scolaires de mon fils. D’apposer de belles étiquettes d’identification, de mettre des collants de la Pat’Patrouille sur sa boîte à crayons pour qu’il la trouve belle, de cocher les items de sa liste afin de ne rien oublier. Et c’est là que le manque me frappe. Ce creux-à-vide provoque une montée de larmes dans mes yeux. Car toute cette frénésie passe sous le nez de mon fils sans qu’il ne s’en rende compte. J’aurais aimé partagé ce moment, cette partie de moi avec lui. Mais… Il ne comprend pas la fin de l’école ni son commencement. Le début des vacances et la fin de celles-ci. Il ne comprend presque plus.


En rangeant ses effets dûment identifiés dans son sac à dos, je me demande… De quels apprentissages sera faite ton année scolaire, mon chéri? Seras-tu encore content de retrouver l’autobus scolaire? Je l’espère. À quels jeux joueras-tu? Te feras-tu un nouvel ami(e)? Je me demande… Que vas-tu apprendre cette année? Ou plutôt… désapprendre? Mon cœur se serre. Je mouille ton sac à dos neuf de petites larmes recyclées : je sais que c’est ce qui malheureusement t’attend.



Mais toi, tu ne le comprends pas. Tu vas à l’école et c’est… comme ça.


Alors… peut-être est-ce à moi d’apprendre dans tout ça?! Ce sera toi LE professeur. Tu m’enseigneras la différence, la tolérance, la patience. Le moment présent, le lâcher-prise. Tu m’enseigneras tout l’amour contenu dans un regard, et comment davantage aimer. Ce sera l’inverse de ce qui devait se passer. Je croyais que tu irais à l’école pour apprendre et que je t’aiderais avec tes leçons. Certes tu t’y rendras, mais c’est moi qui apprendrai de nouvelles leçons. Ce sera l’inverse de ce que j’avais imaginé. À l’image de ce que je vis depuis le jour un de l’entrée (scolaire!) de la maladie dans nos vies.


Bonne rentrée à tous! Et savourer tous les petits moments d’excitation, de renouveau et même de stress avec vos enfants. C’est précieux comme vous ne pouvez pas vous l’imaginez!


Édith

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