QU'EST-CE QUE LE SYNDROME DE HUNTER?

Le syndrome de Hunter, ou mucopolysaccharidose de type II (MPS II), est une maladie de surcharge lysosomale. C'est une maladie dégénérative, multisystémique et rare.

 

Voyez ici une courte vidéo qui résume bien ce que c’est (en anglais seulement).

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À gauche, une cellule malade dont les lysosomes sont chargés de mucopolysaccharides (ou glycoaminoglycanes - GAGs) accumulés. À droite, une cellule normale au sein de laquelle la dégradation et l’évacuation des mucopolysaccharides se fait correctement (tiré de www.orphanet.net).

​Les signes et symptômes

 

Les patients atteints de MSP II semblent en bonne santé à la naissance, les premiers symptômes apparaissant entre l'âge de 18 mois et 4 ans. Une macrocéphalie (augmentation anormale du volume de la tête) se développe au cours de l'enfance, et les enfants grandissent initialement de manière normale ou au-delà de la moyenne.

 

Les manifestations initiales incluent :

  • des infections fréquentes des voies respiratoires (surtout des otites moyennes);

  • une hernie ombilicale et inguinale;

  • une diarrhée résistante aux traitements;

  • une hépatosplénomégalie (augmentation de volume du foie et de la rate);

  • et des lésions cutanées ressemblant à la peau d'orange (au niveau des épaules, du dos et des cuisses).

 

Un faciès particulier se forme lentement, caractérisé par un épaississement des lèvres et des narines, et par une langue élargie et proéminente ; il peut devenir plus perceptible entre l'âge de 2 et 4 ans, ou plus tardivement pour les formes atténuées.

 

Les manifestations physiques de la maladie de Hunter incluent des caractéristiques faciales distinctes, une tête large, un abdomen élargi ou des problèmes aux articulations. On note également une baisse de l’ouïe, des complications au niveau des valves cardiaques jusqu'au déclin des fonctions cardiaques, une obstruction des voies respiratoires, et de l’apnée du sommeil. Le mouvement et la mobilité peuvent aussi être affectés. Dans certains cas de la maladie de Hunter, le système nerveux central peut être affecté et mener à des retards de développement et des problèmes du système nerveux.

 

Les personnes atteintes ne sont pas toutes affectées de la même façon, et la progression des symptômes varie grandement d’une personne à une autre. Certaines personnes atteintes de la maladie de Hunter peuvent vivre jusque dans la vingtaine ou la trentaine et il existe quelques cas où des patients ont vécu jusque dans la cinquantaine ou la soixantaine. Malheureusement, plusieurs autres personnes atteintes de la maladie de Hunter développent d’importantes incapacités et voient ainsi leur espérance de vie réduite à 15 ans ou moins.

« Faits divers » sur la maladie

 

  • Il n'y aurait que 2 000 cas au monde de syndrome de Hunter, dont 30 à 40 au Canada.

  • La maladie doit son nom à Dr. Hunter qui en a fait la première description clinique en 1917.

  • Il s’agit d’une maladie génétique transmise sur le mode récessif lié au chromosome X. De ce fait, seuls les garçons sont en principe touchés. Les femmes porteuses peuvent transmettre la maladie à 50% de leurs fils.

  • Le pronostic est fortement variable :

    • Forme sévère (60-80% des cas) : espérance de vie réduite de manière significative et déficience intellectuelle. La maladie est généralement fatale avant l'âge de 25 ans, souvent par suite de complications cardio-respiratoires.

    • Forme atténuée : les patients peuvent survive jusqu'à l'âge adulte, parfois même jusqu'à plus de 60 ans, et la déficience intellectuelle est le plus souvent absente.

  • Le gène causal de la maladie, est localisé en Xq28. Environ 320 mutations ont été rapportées comme responsables de la maladie, ce qui expliquerait la grande hétérogénéité dans le développement de la maladie.

Le traitement par substitution enzymatique

 

Depuis 2006, un nouveau traitement est disponible permettant d’administrer directement une enzyme identique à l’iduronate-2-sulfatase dans le sang du malade, soit l’idursulfase (nom commercial : Elaprase, produit par Shire Canada). Ce traitement enzymatique substitutif permet de rétablir un niveau d’activité enzymatique suffisant pour dégrader en partie les déchets accumulés dans les cellules du malade. Il y a trop peu de recul pour déterminer précisément l’efficacité de cette enzymothérapie, mais les essais cliniques ont montré une réduction rapide de la taille du foie ou de la rate, et une amélioration des capacités motrices, cardiaques et respiratoires. Cependant, l’enzyme ne parvient pas jusqu’au cerveau, et donc, ne permet pas de réparer les lésions neurologiques déjà existantes ou de prévenir l’apparition des régressions. L’enzyme doit être administrée au malade chaque semaine par intraveineuse (durant plus de trois heures), et ce, durant toute la vie.

 

L’impact d’une maladie systémique

 

À l’heure actuelle, il n’y a pas de remède pour guérir la maladie. Comme il n’y a pas de traitement permettant de faire régresser complètement tous les symptômes, une prise en charge pluridisciplinaire, destinée à corriger ou réduire les différents troubles (respiration, audition, motricité, fonctionnement cardiaque…) est indispensable. Par exemple, une dérivation crânienne peut être réalisée pour soulager les cas d'hydrocéphalie. Une réparation herniaire, une amygdalectomie et une adénoïdectomie (pour libérer les voies respiratoires supérieures) peuvent être requises, et dans certains cas, une ventilation en pression positive ou une trachéotomie. Le remplacement d'une valve cardiaque ou de la hanche et la libération du canal carpien peuvent également devenir nécessaires avec le temps.

 

Voir ici pour une série documentaire préparée par Project Alive présentant l’histoire d’enfants atteints du syndrome de Hunter et leur famille (anglais seulement) : https://projectalive.org/stories/.

 

Des recherches prometteuses

 

*** En préparation.

La biochimie

 

Sur le plan biochimique, le syndrome de Hunter (MPS II) est dû à un déficit en enzyme iduronate 2-sulfatase (IDS). L’enzyme IDS permet la dégradation (hydrolyse) de certaines substances appelées glycosaminoglycanes (GAG). Les GAG sont des substances complexes produites par l’organisme et que l’on retrouve dans tous les types de tissu conjonctif. Le tissu conjonctif soutient les organes et les tissus. Il compose également le cartilage des os pendant la croissance, des articulations et des valves cardiaques.

 

Le déficit de l’enzyme IDS est responsable d’une accumulation massive de GAG dans les lysosomes dans la plupart des cellules. Cette accumulation va entrainer des dysfonctionnements tissulaires et organiques, notamment sur les voies respiratoires, le cœur, le foie, la rate, les os, les articulations et le système nerveux central, provoquant une maladie évolutive.

© 2019

Propulsé par AltInformatique.ca

#OnGardeEspoir

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now